| COMMUNIQUE DU 3 AOUT 2008: FAISONS FACE AUX AGRESSEURS DE LA REPUBLIQUE !
Le régime de WADE soutenu par ses mercenaires politiques vient de poser, le 27 juillet sa Nième forfaiture, en faisant procéder, par son Assemblée Nationale croupion, au Nième amendement de la Constitution votée en 2001 par référendum.
Ainsi, l’article 27 de la Constitution établissant la durée du mandat présidentiel à 05 ans vient d’être changé par les députés, portant celle-ci à 07 ans, malgré la disposition expresse exigeant pour tout changement de cet article la convocation d’un référendum, et malgré l’avis incontestable des constitutionnalistes de notre pays.
De ce fait Wade et son régime de mercenaires politiques apparaît de plus en plus comme un régime d’agresseurs. Chaque jour qui passe confirme une telle assertion. La violence du verbe le dispute à celle des mesures administratives ou policières.
Agression contre les journalistes
La bastonnade de Boubacar Campbel Dieng et de Kara Thioune serait perçue comme une bavure policière énorme, mais une bavure tout de même, n’eussent été les prises de position et des Ministres de L’Intérieur, de celui de l’Information et du Président Wade lui-même estimant que l’agression était le fait des journalistes, pas des policiers.
Cette attitude en dit long sur les prémisses qui ont été à l’origine d’une agression aussi sauvage que rien ne saurait justifier.
En effet, dès sa prise du pouvoir, Wade s’est ingénié à dérouler une politique d’intimidation de la presse, en faisant convoquer systématiquement les directeurs des organes récalcitrants à la DIC, en arrêtant et en faisant le procès des journalistes qui résistaient (Madiambal Diagne), avec pour objectif ultime, la domestication de la presse. C’est dans ce cadre que s’inscrit la répression abattue sur le journaliste reporter Latif Coulibaly qui a reçu plusieurs menaces de mort et qui continue d’être poursuivi devant la justice pour avoir dénoncé des malversations de la Lonase.
De manière systématique, Wade a développé une logique de discrédit des journalistes, des tentatives de corruption et de déstabilisation, à l’encontre de ces derniers. Au plus haut sommet de l’Etat, on est allé jusqu’à la tentative de corruption d’un patron de presse. Du jamais vu !
La mise en place d’organes au service de la présidence faisant dans l’injure et l’intimidation des opposants, a participé de cette opération de discrédit de la presse. Le chantage déployé autour du fonds de la presse a été largement utilisé, sans jamais pouvoir briser la résistance des journalistes.
Aujourd’hui, avec le mot d’ordre de boycott de la presse adopté par le régime et ses mercenaires politiques, l’objectif de Wade apparaît plus clairement.
Cette politique systématique de discrédit des journalistes a fait le lit de toutes les agressions verbales et physiques dont les journalistes ont été victimes de la part de politiques et de marabouts complètement acquis au régime.
Les récentes descentes nocturnes de la police à l’imprimerie Grafisol pour empêcher la sortie des quotidiens, « L’AS » et «Le POPULAIRE » constituent une violation flagrante de la liberté de presse.
Agression contre le pouvoir d’achat des masses
Malgré tout le vécu désastreux des populations, Wade et son régime n’ont de cesse de faire augmenter les prix des services et denrées de première nécessité. Les justifications de conjoncture internationale brandies par le pouvoir ne peuvent pas expliquer comment le carburant soit vendu moins cher au Mali qu’au Sénégal, alors que le Mali s’approvisionne à partir de Dakar.
Le plus scandaleux, c’est la hausse incessante du prix de l’électricité, en dépit d’un service des plus désastreux avec les coupures incessantes de courant. A cela s’ajoute la pénurie qui affecte les produits de première nécessité comme le riz, le gaz, etc.
Agressions contre la Constitution
A plusieurs reprises, Wade a fait procéder à un changement de la Constitution. Le professeur Ismaïla Madior Fall, constitutionnaliste parle de plus de 10 fois depuis l’avènement de l’alternance. Bien entendu, c’est toujours pour des raisons partisanes et conjoncturelles. Après avoir supprimé le Sénat, Wade l’a remis dans l’architecture institutionnelle. Il vient de ressusciter le CES (Conseil Economique et Social) sur les cendres du CRAES (Conseil de la République pour les Affaires Economiques et Sociales) dissout après le refus de son Président de démissionner sur la demande de Wade.
C’est une série d’agressions qui font dire que le Sénégal est devenu, en Afrique de l’Ouest, le champion du tripatouillage constitutionnel. Et quand l’opposition veut exprimer son rejet de cette forfaiture, en manifestant, le pouvoir de Wade utilise la force de la police pour la réprimer.
Agressions contre les institutions Africaines
Derrière les propos ampoulés du régime de Wade sur la nécessité de l’Unité africaine, voici que depuis quelques mois, il porte à l’ASECNA l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne regroupant un certain nombre de pays de la sous-région. Malmenant ainsi sérieusement un instrument séculaire d’intégration. Cela suffit pour dire combien Wade est peu préoccupé, dans les faits, d’unité africaine.
Pour des raisons purement pécuniaires, non seulement il précarise cette unité africaine, mais risque de faire courir des menaces sérieuses sur les emplois des travailleurs de l’Agence. Du reste, toutes les mesures prises par son Ministre de tutelle, Farba Senghor, pour museler les syndicalistes de l’Asecna, traduisent le caractère anti-démocratique du régime de Wade.
La seule réponse c’est l’organisation de la lutte
Chaque jour, WADE et son régime avec son armée de souteneurs font reculer la marge de déploiement démocratique et pacifique. Chaque acte posé restreint d’autant l’espace démocratique.
Les députés de l’opposition parlementaire ont été agressés dans leurs convictions et leurs espérances d’un débat républicain, au sein de l’hémicycle. Edifiés sur l’intolérance du pouvoir de Wade et l’étroitesse d’esprit de ses partisans, ils ont saisi le Conseil d’Etat pour faire casser la décision du parlement. L’opposition non parlementaire s’est fait agresser encore une fois, en voulant manifester son rejet de la décision anti-constitutionnelle.
Wade et son régime de mercenaires politiques continuent de pousser contre le mur la patience des masses populaires et de forces démocratiques. Ce faisant, ils créent les conditions d’un face à face et d’une riposte à la hauteur de son autisme politique.
En effet, quand les masses auront le dos au mur, il ne leur restera plus qu’à faire face, pour ne pas mourir. Et il se rapproche de plus en plus le temps de faire face à l’agresseur et à ses mercenaires.
Dès lors, il ne reste plus aux masses populaires et aux forces démocratiques que l’organisation et la lutte contre ce régime. Il s’agit de varier les formes d’organisation et de lutte pour se préparer à la confrontation. Car elle est inéluctable !
Tout en continuant à soutenir la nécessité de se mobiliser pour faire aboutir les Assises Nationales, le Rta-S appelle les forces politiques et démocratiques de progrès à conformer les formes d’organisation et de lutte à la situation d’aujourd’hui créée par un pouvoir qui viole sa propre légalité et sa propre justice afin d’y apporter les réponses adéquates.
RÉEW DAÑ KOY PENCOO, KEN DU KO PACCOO !
|