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Le Secrétariat Politique du Rta-S s’est réuni, le 10 février 2008, pour examiner, entre autres questions, la situation politique nationale et internationale.
1. Sur la situation nationale
Concernant le monde rural
Le Secrétariat Politique est très préoccupé par la situation du monde rural marqué par un déficit vivrier de plus de 700 mille tonnes à quoi s’ajoute une perte de revenus monétaires pour les paysans estimés à plus de 55 milliards avec une campagne de commercialisation déficitaire. En effet, on estime que la collecte d’arachide par les huiliers n’excède pas plus de 25.000 tonnes. Si l’on compare cette situation à celle des années de production phare de plus 1 million de tonnes d’arachide, on comprend mieux le désastre que vivent les paysans. Cette situation est d’autant plus dramatique que, les paysans, comme tous les autres citoyens sont confrontés à un coût de la vie très élevés et ne bénéficient d’aucune assistance de la part de l’Etat.
Le Rta-S fustige l’attitude de l’Etat entièrement responsable de cette situation et exige que l’assistance en vivres de soudure soit diligentée dans le monde rural.
A propos du monde enseignant
Cette année académique 2007-2008, comme celle de 2006-2007, s’est ouverte sur une série de mouvements de grève et de marches pacifiques des enseignants, suite à la non application par l’Etat des accords signés avec les syndicats. Cette situation risque encore de compromettre le bon fonctionnement du système éducatif, avec le risque de compromettre la qualité des enseignements. Le Rta-S exprime son soutien aux revendications légitimes des organisations syndicales enseignantes et exige de l’Etat le respect des engagements pris. Par ailleurs, le Rta-S interpelle à nouveau le ministère de l’éducation et de gouvernement sur la persistance de la « cantinisation » de l’espace scolaire, et la nécessité d’y mettre fin.
Concernant les élections locales de mai
Le Secrétariat Politique, après avoir rappelé les positions du parti lors des présidentielles de février 2007, puis des législatives de juin 2007, constate pour le déplorer, que les griefs portés par l’opposition sur la transparence du processus électoral (fichier non fiable ayant entraîné l’inscription et le vote multiples et ceux d’étrangers, processus et mécanismes frauduleux, comme l’organisation avec prolongation dans la nuit dans des conditions de non transparence, résultats des plus ahurissants qui fondent plus que la suspicion) sont restés en l’état.
Nombre de partis, sous prétexte que les élections locales concernent les populations à la base, se refusent d’éclairer celles-ci sur les réalités de la mascarade préparée d’avance par le PDS et ses souteneurs. Ce faisant, ils créent d’énormes illusions qu’il serait possible d’avoir ici et là une expression juste et démocratique de la volonté populaire, au niveau local. Or, quel que soit le cas de figure, les élections locales sont organisées par le même fichier et selon le même processus frauduleux que pour les Présidentielles et les législatives.
Or, de nombreuses informations font état de modifications sur les listes électorales à Dakar et dans les régions sous prétexte de révision exceptionnelle des listes électorales. Cette opération menée sur l’étendue du territoire prépare sans nul doute les transferts massifs d’électeurs, le jour des élections.
En effet, tant que la mesure permettant à un électeur de s’inscrire n’importe où et de voter partout sans tenir compte de sa résidence est permise, tout peut arriver.
Par ailleurs, malgré les dénégations du ministre de l’intérieur, il est évident que l’érection de 3 nouvelles régions (Kédougou, Kaffrine, Sédhiou) ne va pas manquer de produire des conditions d’une fraude de grande envergure dans les différentes localités concernées.
Le Rta-S, fidèle à ses idéaux de combat pour la démocratie au service du peuple et pour des élections régulières et transparentes, reste sur la revendication d’accès et audit du fichier et d’application des recommandations de la CENA, comme condition nécessaire pour motiver la décision politique de participation.
Si les conditions devaient demeurer celles des présidentielles, le Rta-S va appeler au boycott actif des élections locales.
2. Sur la situation internationale
A propos du Tchad
Comme en 2006, le régime de Idriss Déby vient encore cette année d’être sauvé par l’armée française. Tout le monde sait que l’occupation de la capitale Ndjaména par les troupes rebelles annonçait la fin du régime du dictateur et la défaite de ses troupes loyalistes.
Ce soutien militaire pour le dictateur jette un éclairage nouveau sur le type de liens existant entre le régime de Sarkozy et celui de Déby. Il faut s’attendre dans les jours à venir que les citoyens français inculpés dans l’affaire de l’Arche de Zoe soient graciés par Déby. Une manière de rendre la pièce de sa monnaie à Sarkozy. C’est dire que la Françafrique reste encore bien vivante.
Le Rta-S dénonce cette ingérence de l’armée française dans les affaires intérieures du Tchad et appelle les forces démocratiques et anti-impérialistes à élever la voix contre ces agissements de l’impérialisme français.
A propos de la répression des Sans-papiers en France
En plus des centres de détention, des expulsions et de l’arsenal de juridiction contre les émigrés, voilà que l’administration française déploie une véritable politique de criminalisation des mouvements des sans-papiers.
En effet, après la mise en garde à vue d’Armand Nwatschock en décembre, le harcèlement des sans-papiers et mercredi 30 janvier dernier, c’était au tour de leur porte-parole Roland Diagne de faire l’objet d’une garde à vue et d’une perquisition à domicile, avant celle faite au local du mouvement.
Le crime de sans-papiers est de lutter pour la régularisation et de refuser la clandestinité dans laquelle le système veut le maintenir.
Le Rta-S élève une vive protestation contre cette répression qui s’inscrit en droite ligne dans la politique de criminalisation des mouvements des sans-papiers instauré par Sarkozy et exprime son soutien militant aux sans-papiers, au comité local de Lille, le CSP 59 et à ses dirigeants.
Dakar, le 11 février 2008
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