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Communique de presse du 14 mars 2006
 
HALTE AUX DERIVES AUTORITAIRES DE WADE !

Examinant la situation politique actuelle du pays, le Secrétariat du Rta-S, en sa séance du 10 mai, estime que le Sénégal, vit une période très trouble de son histoire et considère qu’il est grand temps de mettre un frein aux dérives autocratiques de Abdoulaye WADE qui se croit dans un empire. Certainement très ragaillardi par l’invite de Khadafi, à faire de lui un président à vie, WADE s’y voit déjà, sans se soucier du rejet retentissant que cette proposition a suscité dans l’opinion..

Le Président Wade confirme bien l’affirmation de la gestion familiale qu’il fait du pouvoir ; sinon comment expliquer cette sortie de Wade disant à Karim dans le cadre des activités de la République à propos de l’OCI que « je dirais à ta mère que tu as bien travaillé ». C’est ce paternalisme et cette gestion patrimoniale qui lui font dire à chaque fois, « mon fils ». C’est au peuple sénégalais que Karim doit rendre compte, ou à ses parents ? C’est à la République ou à sa famille ? C’est tout simplement inouï et scandaleux !

C’est cette même compréhension de la gestion de la chose publique qui fait dire à Wade qu’il allait suspendre l’aide à la presse car ne pouvant pas aider une presse qui l’attaque ; comme si l’argent lui appartenait en propre. Oublie-t-il que ce n’est pas une aumône, ni une aide, mais une subvention accordée à la presse et justifiée par une loi votée par l’Assemblée nationale ?

La devise de Wade et de son régime semble être : « silence, on fait ce que l’on veut ! Celui qui n’est pas content et proteste, on l’embastille ». C’est ainsi qu’il faut comprendre les tentatives d’intimidation de l’opposition par les convocations et emprisonnements de certains leaders politiques. C’est cette même logique qui l’amène à changer unilatéralement le calendrier républicain, cherche à provoquer l’opposition en la traitant de poltronne.

Le maire de Bambey vient d’être placé en garde à vue pour avoir fait démolir un ouvrage construit sur le territoire municipal qu’il administre, sans son autorisation. Dans quel pays sommes-nous ? Que valent les textes et les lois qui sont votés même s’ils sont garantis par la constitution, si l’autorité qui doit en assurer l’application se permet de les violer comme bon lui semble. C’est cette même attitude encourageant l’impunité et le « Maa tey » qui pousse certainement des talibés de Cheikh Bethio Thioune à agresser sauvagement un journaliste de RFM. Ces dérives sont le résultat de celles de WADE lui-même qui tente d’instrumentaliser les marabouts aux fins de capturer l’électorat que constituent leurs talibés. Pendant que Cheikh B.Thioune s’investit à Thiès, Cheikh Abdoulaye FALL Tilala développe dans le créneau ethnique des maures dont il dit qu’ils sont à 98,98 % acquis à la cause de WADE.

Quand les uns creusent le sillon de la religion et de la tarikha, d’autres creusent celui de l’ethnie. C’est dire qu’au Sénégal, le pouvoir de WADE est en train de nourrir les particularismes d’ordre religieux, et ethnique. C’est une bombe d’une grande teneur inflammable qu’il construit dans le pays.

Que Wade gère son parti comme une propriété privée, en prenant les décisions qu’il veut, il peut le faire si cela convient aux militants de son parti qui le considèrent comme la seule constante ; mais vouloir régenter le pays de la même façon cela ne peut et ne doit prospérer.

C’est pourquoi, il est tout de même incompréhensible et inadmissible que Wade soit honoré pour le prix Houphouet Boigny à Paris. Si les seuls repères et critères sont les actes d’élargissement et de garantie des libertés démocratiques posées dans le pays, alors Wade est disqualifié aujourd’hui pour mériter cet honneur. Lui octroyer ce prix est même une raillerie à l’endroit du peuple sénégalais. Ainsi, les partis de l’opposition ont bien raison de manifester contre Wade en France, comme il l’avait fait en son temps contre Abdou Diouf. Mais il serait aussi important que ces mêmes forces se fassent entendre aussi, ici, au Sénégal par des manifestations contre les politiques meurtrières libérales de Wade et les actes de bradage de notre patrimoine national aux puissances impérialistes et qui fait de notre pays l’otage des pétroliers et des puissances financières internationales.

C’est aujourd’hui un acte hautement républicain et patriotique de dresser un rempart contre les dérives autoritaires de Wade, sinon il peut mener le pays dans un gouffre. C’est donc un devoir pour toutes les forces démocratiques et particulièrement celles qui se réclament du peuple et des travailleurs de se dresser et dire NON aux actes antirépublicains de Wade, de barrer la route à ses pulsions autoritaires.

- Par ailleurs, alors que les paysans n’ont même pas encore fini de crier leur ras-le-bol lors de la manifestation du 1er mai, le Ministre de l’Agriculture vient d’arrêter la campagne de commercialisation, laissant ainsi des milliers de paysans dans un grand désarroi, les uns avec des « bons impayés », les autres ne sachant que faire de leurs graines. Tout le discours sur l’assistance aux paysans devient donc pure démagogie, car dans les faits l’écrasante majorité des paysans se retrouve sans appui.

- Les sinistrés des dernières inondations, quant à eux, ne savent plus à quel saint se vouer, parqués qu’ils sont sous les tentes, dans des conditions inhumaines à deux mois de l’hivernage, attendant un hypothétique plan Jaxaay. Toutes les échéances annoncées par le pouvoir ont été dépassées et on en est toujours aux 26 maisons témoins, plus de 8 mois après. Or, si en considèrant le rapport entre le budget de 52 Milliards pour le plan Jaxaay et le nombre de familles sinistrés 2760, on se retrouve avec un ratio de plus de 19 millions par famille. De quoi fabriquer, sans que les familles ne déboursent un sou, plus de 03 maisons par famille, à raison de 06 Millions par maison. C’est dire qu’on nage en pleine irrationalité quand on voit à quel rythme se font les maisons et les prix indiqués par le pouvoir.

- Les populations situées dans les zones d’inondation, « Ñetti Mbaar », « Gunaas », etc. ont reçu la visite de techniciens de l’Etat. Elles vivent également la hantise d’être déguerpies de leurs maisons et d’être abandonnées à leur sort comme les sinistrés.

- Alors que le ministre de la santé plastronne partout dans le pays, les ordures sont devenues le décor à Dakar. Le pire est à craindre avec la recrudescence des « maladies de la main sale », dès les premières pluies. Aucune mesure préventive n’est actuellement prise pour des solutions alternatives.

Pendant ce temps ce sont les batailles dans le Pds qui alimentent quotidiennement la presse. Dans les faits, le Pds devient un parti dangereux pour le pays car à l’origine pratiquement de toutes les violences connues sous le régime de l’alternance.

Le Rta-S dit aux masses populaires, aux travailleurs des villes et des campagnes, aux chômeurs, aux sinistrés « Ne vous laissez pas entraîner sur le terrain de quelque particularisme que ce soit ! Car quelle que soit votre religion, quelle que soit votre ethnie, aucun de vous n’échappe aux malheurs des politiques meurtrières appliquées par WADE sur vous ! »

Le Rta-S lance à nouveau un appel pressant à toutes les forces éprises de paix, à tous les démocrates à former un vaste front patriotique et populaire pour dire :

- NON aux dérives autocratiques et autoritaires de Wade et de son régime ;

- NON aux politiques meurtrières contre les masses populaires, paysans, travailleurs des villes, enseignants, étudiants, etc. ;

- NON à l’abandon des sinistrés ;

- NON à la violation systématique des droits et libertés acquises de haute lutte ;

- NON à l’instrumentalisation des particularismes d’ordre religieux et ethnique !

RÉEW DAÑ KOY PÉNCOO, KEN DU KO PÀCCOO.

Dakar, le 12 mai 2006

 
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