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DECLARATION DU 22 MAI 2008: ARRETONS LES POLITIQUES CRIMINELLES DE WADE !

La situation politique et économique du Sénégal est devenue préoccupante et intenable pour les masses ouvrières et populaires qui ne savent plus à quel saint se vouer. Au lieu de se préoccuper de trouver des solutions aux multiples problèmes et défis des masses populaires, le gouvernement avec à sa tête le président Abdoulaye Wade joue à l’option guerrière et fait preuve d’une irresponsabilité inqualifiable.

La situation scolaire est à la limite de l’irréparable, particulièrement au niveau de l’élémentaire. Les enseignants ne demandent pourtant au gouvernement que le minimum : une indemnité de recherche et de documentation pour les enseignants de l’élémentaire, en plus du respect des accords signés depuis 2003. Comme à son habitude, le gouvernement a usé du dilatoire en refusant d’ouvrir les négociations sérieuses, alors que les enseignants avaient déposé un préavis de grève depuis le mois d’octobre 2007. Un gouvernement responsable, soucieux du devenir de l’école où il prétend investir 40% de son budget de fonctionnement, aurait appelé à discuter rapidement avec les enseignants pour trouver des solutions. Pourtant, ce gouvernement, qui prétexte de moyens financiers faibles, mène un train de vie à la limite de l’insolence. Les parents d’élèves, les forces démocratiques sont interpellés. Car, au rythme où vont les choses, l’année scolaire risque d’être perdue pour les enfants des masses ouvrières et populaires ; car les potaches des tenants du pouvoir fréquentent des écoles privées, dans le pays ou à l’étranger.

Les paysans, quant à eux,vivent un véritable calvaire avec la famine qui sévit en campagne. La persistance de la situation a obligé le pouvoir libéral à reconnaître les difficultés du monde rural après l’avoir nié pendant des années. Les paysans, qui sont les véritables concernés, sont montés au créneau pour crier à la face du monde la situation de misère qu’ils vivent. Les 10 milliards que Wade a envoyés à la campagne sont à la fois un aveu de reconnaissance de la famine à la campagne et une diversion car revenant à pratiquement à 03 kg de riz par tête, pendant plus de 5 mois. Pourtant, le gouvernement de Wade ne s’est pas gêné pour doter les présidents de communauté rurale de voitures de luxe, en plus des salaires faramineux, d’augmenter le nombre de députés, de ramener le sénat. C’est de l’irresponsabilité !
Pire, au lieu de tirer les leçons des campagnes agricoles catastrophiques passées, Wade lance sa GOANA sans aucun bilan de son plan REVA qui n’a fait rêver personne.

Ce qui se cache derrière le plan GOANA, c’est la boulimie foncière de Wade dans la campagne et les communautés rurales. Après avoir mis la main sur presque tout le patrimoine foncier de Dakar, Wade s’attaque maintenant à ce qui reste de patrimoine foncier dans le pays, en demandant aux hauts fonctionnaires de cultiver chacun au moins 100 ha. Comment est ce que des hauts fonctionnaires qui ne connaissent rien de la terre peuvent assurer l’autosuffisance alimentaire du pays ? Il est impossible d’assurer l’autosuffisance alimentaire du pays en ignorant les principaux concernés : les paysans dont c’est la vie et les techniciens dont c’est le métier de s’occuper de culture. Les paysans ont besoin plutôt de semence, d’intrants et d’encadrement. Et même les cultures vivrières alternatives ont besoin de planification. Et, on ne peut initier un tel programme en ignorant les techniciens et les spécialistes de l’agriculture.

La situation économique est devenue quasiment intenable, obligeant l’ambassadeur de France, M.Ruffin d’abord et le représentant du FMI, M. Segura ensuite, de tirer la sonnette d’alarme : plus de 150 milliards de dette intérieure, inflation galopante. Mais les responsables du Fmi veulent utiliser cette situation pour amener le gouvernement à revenir sur les subventions qui sont en elles-mêmes insuffisantes. Ils ne disent rien du train de vie de l’Etat. Or, en vérité, le nœud du déséquilibre financier se situe bien là, dans la dilapidation effroyable des deniers publics par Wade.

Les institutions internationales sont bien au courant du scandale de plus de 40 milliards distraits entre A. WADE et son ex PM I. SECK, des voyages présidentiels coûteux. Aujourd’hui, outre l’existence d’un avion présidentiel, Wade se paie le luxe de louer un avion, pour chacun de ses déplacements. Le Fmi comme la Banque mondiale savent bien ce que coûtent les institutions que sont la Présidence dont le budget est passé de 4 milliards en 2000 à 63 Milliards en 2008, pendant que la primature passe de 3 à 40 milliards et que le Sénat créé pour sa convenance coûte au moins 3 milliards. Inutile de parler des salaires et autres avantages faramineux des ministres d’Etat (plus de 6 Millions par mois) et des ministres simples et députés et autres ayant rang de ministre (Plus de 3 millions par mois). Le traitement de 150 députés et de 100 sénateurs.

Les Institutions du FMI et de la BM savent bien comment Wade vampirise les deniers publics, fruits du travail du peuple, en créant plus de 50 agences qui font doublons avec les Ministères, une manière de détournement de l’argent public.

Le FMI et la BM savent bien comment Wade pille les caisses de l’Etat en distribuant à tour de bras voitures, des millions par dizaines, des maisons, des terres, des passeports diplomatiques.

Pour le Rta-S, c’est là qu’il faut agir et pas ailleurs, si l’on veut véritablement rééquilibrer les finances publiques ! ARRETONS LES PREDATEURS DE LA REPUBLIQUES ! Le Rta-S dénonce, par conséquent le bradage des parts de l’Etat dans le capital de la Sonatel, comme celui de l’Asecna et celui des Ics !

Acculé par les forces ouvrières et populaires en lutte contre ses politiques, les syndicats d’enseignants et autres centrales des travailleurs, les forces de l’opposition organisées dans le FSS qui élèvent d’un cran la lutte sur le terrain (marches, sit-in, caravanes, etc. dans différentes capitales, régionales et départementales, etc.), Wade fait dans la fuite en avant.

Il fait dans la diversion, en s’attaquant à la FAO, menace l’opposition, dissout des collectivités locales. Comme s’il avait perdu la tête, il parle de coup d’état militaire, de révision d’accord militaire avec la France, accuse, avec mépris les pays africains qui ne s’en sortent pas, malgré la clémence de la nature, parle de construire des voitures dans le pays et d’avion biplaces, etc. Cette situation traduit bien le désarroi dans lequel se trouve Wade. Toutes ses gesticulations et propos délirants n’ont plus aucun crédit pour les populations qui ne comptent que sur leur travail pour vivre.

Les forces populaires, de l’opposition politique, des organisations syndicales, professionnelles comme de la société civile ont le devoir de conduire à bien les Assises nationales dans le sens de la construction d’une large plateforme prenant en charge les préoccupations populaires, d’une part, sans se laisser divertir. D’autre part, ces mêmes forces doivent construire, sur le terrain de la lutte contre les politiques meurtrières de Wade, un vaste front populaire de lutte pour défaire le régime pourri de Wade.

Aujourd’hui, il doit être clair pour tout le monde que le seul facteur de déséquilibre des finances, de discrédit de la justice, et des institutions de la république, dont la justice, de fabrication de la misère aussi bien matérielle que morale, de trouble à l’ordre public, comme de construction du chaos de la nation, c’est WADE !

Il est donc plus qu’urgent encore de dresser un rempart contre les dérives autoritaires et autocratiques du pouvoir de Wade avant qu’il ne soit trop tard. Mais les toutes les forces démocratiques de ce pays sont interpellées face à cette situation. Chacun doit prendre ses responsabilités. Dores et déjà, le Rta-S exprime son soutien militant à la lutte de l’Intersyndicale des enseignants et à la grève générale de l’Intersyndicale des Centrales syndicales.

RÉEW DAÑ KOY PENCOO, KEN DU KO PACCOO !