COMMUNIQUE DE PRESSE DU 25 JUIN 2008:
Le Secrétariat Politique du Rta-S s’est réuni, le 24 juin, en sa séance hebdomadaire pour examiner la situation politique.
Le Secrétariat s’est surtout penché sur la question du traitement inhumain que la police a fait subir aux journalistes dans l’exercice de leur profession, le 21 juin dernier, à l’issue du match ayant opposé l’équipe nationale du Sénégal à celle du Libéria, au stade Léopold Sédar Senghor de Dakar.
Les cris effroyables des journalistes diffusés à travers les radios de la place donnent une idée de toute la bestialité avec laquelle les policiers ont agressé Boubacar Campbell Dieng, journaliste de la station privée Radio Futurs média (RFM), et Kara Thioune de la West African Democracy Radio (WADR).
Le Secrétariat du Rta-S condamne avec la dernière énergie le comportement inqualifiable de ces éléments de la police, exprime son soutien et sa compassion aux journalistes torturés et exige, à la suite du Synpics, l’identification des coupables et leur punition exemplaire.
Par ailleurs, le Rta-S estime qu’il est inadmissible que la police continue d’utiliser des matraques électriques sur des citoyens innocents. C’est la troisième fois, depuis la répression de la marche du FSS, suivie par celle des consommateurs. Cela commence à faire habitude.
Pour le Rta-S l’utilisation d’un tel instrument est à bannir. Car cette arme produit une décharge électrique de 200 Kv (200.000 Volts) et peut causer de sérieux problèmes de santé sur les personnes qui sont touchées, particulièrement si c’est près de la tête, de la gorge ou de la région du cœur. C’est dire que son utilisation peut être fatale à des personnes atteintes de cardiopathie.
Selon des sources techniques, la matraque électrique fait partie des armes de défense qui ne doivent être utilisées qu’en cas de légitime défense. Or, de plus en plus la police l’utilise dans les manifestations et rassemblements pacifiques. Pour le Rta-S, la matraque électrique est un instrument de torture, quel que soit le lieu où il est utilisé. Amnesty International s’est inquiété à plusieurs reprises de l’utilisation de cette arme et de son commerce.
C’est pourquoi, le Rta-S lance un appel solennel à toutes les organisations démocratiques, particulièrement aux organisations des droits de l’homme et celles de lutte contre la torture pour l’interdiction de l’usage de cette arme par la police contre les populations innocentes.
Le Rta-S se réserve le droit de déclencher dans les prochains jours une initiative pour saisir tous les secteurs intéressés pour le bannissement de l’utilisation de cette arme ou à tout le moins sa limitation dans des opérations de lutte contre le crime.
N’attendons pas qu’il y ait mort d’homme pour réagir. L’état de Campbell doit suffire pour sonner l’alerte.
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