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Le Secrétariat Politique du Rta-S s’est réuni, le 28 février 2008, pour examiner, entre autres questions, la situation politique nationale.
1. Sur l’Oci
Le pays est plongé dans une campagne effrénée pour l’organisation du sommet de l’OCI, à Dakar. Le pouvoir de Wade donne l’impression que tout le sort du pays est lié à la réussite de ce sommet. De fait tout est subordonné à cette activité posée comme un défi lancé à l’opinion, à la presse et à l’opposition.
En effet, Dans la philosophie et la démarche, ce n’est pas comme tel l’Etat du Sénégal qui organise le sommet, c’est Wade, son fils et le PDS qui organisent le sommet. Ainsi la réussite ou l’échec est conçu comme un enjeu de valorisation politique d’un homme, de son fils et de son parti.
Tout transpire l’esprit sectaire et partisan. Et les oulémas, marabouts et autres mobilisés, au nom de l’Islam sont de fait manipulés pour servir une telle cause politique. Les mobilisations et prières sont couvertes par la télévision pour servir de faire-valoir dans l’opinion. Bien entendu, cette agitation coûte beaucoup au trésor public.
Les centaines de milliards que va coûter ce sommet constituent une injure et une violence à la conscience et au vécu des masses populaires éprouvées dans leur chair par un coût de la vie insupportable pour les travailleurs, les paysans et chômeurs de ce pays.
Il transparaît, dès lors que les objectifs de l’organisation du sommet dépassent ceux que porte naturellement l’envergure de l’Oci dont la tenue, en 1992, au Sénégal, n’avait pas connu tout le tintamarre qui l’entoure.
En vérité, l’OCI réunit les chefs d’État de pays dont les populations sont musulmanes et comprend des pays membres où les chrétiens sont majoritaires. Son objet originel est la sauvegarde des lieux saints de l’Islam, le soutien de la cause palestinienne, la solidarité entre Etats membres, le renforcement de la coopération et l’élimination du racisme, etc. Au total qu’est-ce qui a été fait ?
Le peuple palestinien subit au quotidien l’agression israélienne, on assiste à un véritable génocide au quotidien. Gaza est devenu une prison et les États de la Ouma regarde faire, pire nombre d’entre eux se sont fait les amis des israéliens, abandonnant le peuple de Palestine à son sort.
Depuis des années, le peuple Irakien agressé et bombardé par la puissance américaine est demeuré seul face au monstre de l’administration, sans que les Etats les plus puissants de l’Oci ne lèvent le plus petit doigt.
Les États arabes riches en pétrole et en dollars laissent les pays pauvres dans une misère sans nom et en proie à la cupidité des multinationales du pétrole. Mieux, ils s’enrichissent de l’enchérissement de cet or noir.
Par ailleurs, des États de cette Ouma traitent encore avec une violence inouïe et un mépris raciste les émigrés des pays noirs qui arrivent sur leur sol.
Pour toutes ces raisons, pour le Rta-S, le sommet de l’OCI est celui des riches, des princes et rois complices des multinationales contre les pauvres, les noirs, les exploités et opprimés des pays concernés. Le Rta-S s’en démarque et dénonce tout le gaspillage de ressources qu’il va entraîner, et la manipulation des sentiments religieux des masses par le pouvoir de Wade qui se sert de la religion pour couvrir une politique antinationale et antipopulaire.
2. Démolition du stade Assane Diouf :
Le Rta-S est profondément indigné par la démolition du stade municipal Assane Diouf, lieu d’épanouissement des jeunes du Plateau, Rebeuss et d’une partie de la Médina. Cet acte est d’autant plus scandaleux et révoltant que les auteurs ont procédé nuitamment, et en pleine période de préparatifs du Magal. Une manière de mettre les populations devant le fait accompli.
La tentative des dirigeants de l’ANOCI de nous endormir, en dégageant leurs responsabilités et en promettant d’aider les populations riveraines à rencontrer Wade, nous paraît simplement irrecevable. Il est impensable que de tels actes soient pris à l’insu des plus hautes autorités de la République, parmi lesquelles le Président Wade.
Le Rta-S estime ce qui est arrivé au stade Assane Diouf entre en ligne directe d’une politique systématique de dilapidation des réserves foncières de Dakar par le pouvoir de Wade. Le Stade Léopold Senghor a été victime de cette boulimie foncière, comme le fut le CICES, les terres de Ouakam, Ngor, Yoff, etc. L’école Mariama Ba de Gorée, le camp Dial Diop, le lycée Lamine Guèye, L’hôpital Le Dantec, l’école des manguiers sont dans la ligne de mire du pouvoir.
Les populations de Dakar doivent s’organiser et se donner la main pour refuser et lutter contre la spoliation dont elles sont victimes sous le mot d’ordre « touche pas à mes terres !».
3. Bradage des ICS
Le bradage des ICS au groupe indien Ifco est simplement scandaleux. Voilà un groupe qui joue depuis longtemps avec les intérêts du Sénégal, avec la complicité d’un Etat qui a complètement démissionné de sa mission de défense des intérêts nationaux.
Car comment comprendre que l’on accorde à ce groupe un prix de 566$ la tonne d’acide contre 1400$ la tonne au niveau international. Le différentiel à lui seul permet à Ifco de gagner de quoi rafler les 85% du capital à hauteur de 100 millions $ et de pouvoir sans débourser un seul sou de sa poche payer sur 3 ans sa part d’investissement.
En effet, pour 360 000 tonnes pendant un an, à raison du différentiel de (1400 – 566 = 834$), Ifco gagne 300 millions 240 000$, soit 135 milliards 108 millions Fcfa. Rien de comparable avec les 44,5 milliards que nous offre Ifco.
Il s’y ajoute qu’en devenant majoritaire dans le capital, avec 85%, Ifco qui ne s’intéresse qu’à l’acide phosphorique, va imposer ses désirs. Ainsi, les ICS vont être délestées des deux (2) secteurs que sont l’unité d’engrais et celle des produits phytosanitaires. Celles-ci vont être cédées à des privés.
Il est inadmissible qu’une société qui a requis des investissements d’une valeur de 700 milliards de nos francs et qui peut en temps normal faire une production d‘acide de 500 000 tonnes puisse être cédée à si bon marché (44,5 milliards) à des étrangers et que l’Etat se contente de 15%. Quels sont les dessous d’une telle entente qui sacrifie les intérêts nationaux ?
Le Rta-S dénonce avec la plus grande énergie cette opération et exige de l’Etat qu’il s’engage à recapitaliser les Ics, à sauvegarder dans le patrimoine national et à conserver les secteurs de l’engrais, de l’acide et des produits phytosanitaires dans la même entité, ICS. Nous sommes persuadés qu’avec une telle option les Ics, reprenant normalement la production, pourra à coup sûr se remettre à flot et payer ses dettes évaluées à 265 milliards.
Dakar, le 28 février 2008
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