|
Déclaration du PCB
A PROPOS DE LA TUERIE PAR LA GARDE PRESIDENTIELLE A OUIDAH.
Nous avons reçu des camarades du PCB une déclaration sur la tuerie par la garde présientielle à Ouidah, au Bénin.
Au cri de Kérékou doit partir, le peuple a élu Boni YAYI, espérant que cessent les tortures diverses et les frustrations de tous genres. L’homme lui-même prônait le changement et ne cesse de dire vouloir le mettre en œuvre. Mais à quoi assiste-t-on en ce qui concerne l’attitude du pouvoir envers le peuple ? De l’arrogance, de la démagogie et du mépris de la personne humaine et de la vie du citoyen.
Le dimanche 13 mai 2007, parce que Boni YAYI se rend en campagne dans le Mono, ses gardes ont froidement abattu deux personnes au Carrefour Gbèna à Ouidah, sans compter les blessés occasionnés par la fusillade et la débandade.
Et ce n’est là que le dernier fait d’armes d’une suite de coups de feu tirés pour tuer de paisibles éléments du peuple depuis que Boni YAYI est au pouvoir ; comme si le sang versé devait servir à nourrir son règne ou sa puissance. Tenez :
- Champ de Foire à Cotonou, Brice HOUNTONDJI et Olivier VINOU sont sommés d’arrêter leur véhicule parce qu’ils se trouvaient sur le parcours que devait emprunter le Président de la République une heure plus tard ; ayant échoué dans leurs tentatives de convaincre les militaires qu’ils avaient encore largement le temps de sortir de la zone de jalonnement avant le passage du Président de la République, ils décident de manœuvrer pour garer convenablement et attendre l’autorisation de circuler ; mal leur en prit avec des soldats surexcités. La garde ouvre le feu sur eux et de plusieurs balles ; les deux jeunes gens, grièvement blessés attendent toujours leur hypothétique évacuation pour des soins plus appropriés ;
- Zongo à Cotonou, zone de la Banque Régionale de Solidarité (BRS), scénario quasi identique : le cortège présidentiel va arriver ; interdiction de traverser ; deux jeunes employés de la banque qui venaient ainsi de voir stopper leur déplacement décident de reculer ; les soldats tirent sur eux. Les deux sont grièvement blessés ;
- Carrefour Mosquée Cadjèhoun Cotonou, un motocycliste qui se rendait à la pâtisserie " Le GASTRO", contourne le terre-plein et fait demi-tour vers la pâtisserie. Une volée de balles est tirée dans sa direction sans aucune sommation au préalable. Raison : il s’est avancé vers le Carrefour gardé par les soldats au moment où Boni YAYI s’apprêterait à sortir de chez lui ; il fallut la réprobation populaire pour que s’arrête la fusillade et sauver la vie de ce citoyen ;
- Et maintenant Ouidah Carrefour Gbènan où toutes les narrations concordent à dire que c’est plus d’une heure après le passage du cortège présidentiel en route de Cotonou pour Lokossa qu’un élément de la garde présidentielle a ouvert le feu sur un pauvre zémidjan et un chauffeur de taxi dont le seul crime est de se trouver là à chercher leur pitance.
Si l’on y ajoute qu’une pauvre camerounaise perdue au volant de sa voiture dans la rue d’un quartier populaire où vit le Président de la république a été fusillée et blessée par la Garde Présidentielle ; si l’on y ajoute que dans l’affaire du braquage du véhicule de la SAGAM derrière la Présidence, le seul haut fait d’armes de la Garde Présidentielle aura été de tuer deux convoyeurs et de laisser échapper les braqueurs, sans compter les bastonnades infligées çà et là par des conseillers du Président de la République ou leurs gardes à de pauvres hères qui ont le malheur de se trouver sur leur passage comme ce fut le cas d’une pauvre dame devant le Stade de l’Amitié à Cotonou ; si l’on y ajoute tout cela, on est obligé de constater que cette garde a la gâchette bien facile et nerveuse contre les masses populaires !!!
Ce ne sont pas des larmes de crocodile versées après coup pour essayer d’éteindre une juste colère populaire qui convaincront qu’il n’y a pas à ces actes un encouragement, tout au moins un consentement tacite de l’autorité au plus haut niveau. Car une fois, c’est un incident, une bavure peut-être, deux fois c’est du mépris pour le peuple, trois fois cela sonne comme de la provocation, de l’insolence vis-à-vis du peuple.
En effet, il y a dans le déploiement de forces et la hargne des hommes en armes qui entourent chacun des nombreux petits ou grands déplacements de Yayi Boni comme une psychose permanente, entretenue et nourrie. Et les thuriféraires du régime du changement ne manquent aucune occasion pour se mettre en colonne pour convaincre l’opinion qu’il a des raisons de paniquer, au risque de se couvrir de ridicule, comme on l’a vu dans les affaires du braquage ou de Ouèssè. Et, curieusement, ils perdent tous leur latin, ils deviennent muets toutes les fois que l’on massacre des fils du peuple dans la rue. Simplement. Il y a comme une volonté forcenée de terroriser le peuple, coûte que coûte, même si tout indique que l’on y parviendra très difficilement.
Les observateurs ont pu voir ce dimanche 13 mai 2007, ébahis, aux environs de Guézin, dans la Commune de Comè, deux automitrailleuses postées l’une à hauteur de l’église de ce village et l’autre dans le tournant d’Agbanto le nez pointé vers le village Dohi comme attendant une bête féroce qui menacerait de jaillir de là-bas. Et ce n’est qu’un exemple ! Symptomatique ?...
Il est urgent de se lever et de dire : Suffit le massacre ! Et c’est ce que les populations de Ouidah ont spontanément, massivement et énergiquement fait ce dimanche 13 mai 2007. Le Parti Communiste du Bénin leur dit « vous avez raison de manifester votre colère ; ».
Le Parti communiste du Bénin dit à tout le peuple : « votre protestation, votre volonté de voir cesser tant d’insolence au pouvoir ne sera, ne prendra corps qu’autant que vous aurez mis en place votre propre pouvoir, un pouvoir fondé sur vos conseils de prud’hommes qui garantissent le respect de vos personnes, de vos biens et assurent l’instruction et la sécurité de votre état de citoyen. Allez-y donc, faites confiance à vous-mêmes et en votre capacité à créer ces instruments d’organisation de la vie sociale et leur force pour vous garantir une vie meilleure. En avant pour plus, et encore plus de comités pour plus de sécurité au peuple ! »
Le Parti Communiste du Bénin Cotonou, le 14 mai 2007
|