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La Présidentielle Française d'avril 2007
 
ELECTIONS PRESIDENTIELLES :

REFUSONS CETTE DUPERIE DU CAPITAL !

Ils sont douze candidats dans l’arène électorale, à se poser chacun en homme ou femme providentiel(le) pour conquérir nos voix.

Nous sommes des millions à douter que nos voix, à travers ce vote, soient plus entendues qu’à travers les précédents. Et pour cause ! Nous avons vu, depuis des décennies, des présidents, des gouvernements se succéder, et mettre en place des politiques aboutissant au même résultat : une société plus inégalitaire que jamais, un chômage et une précarité aggravés, un pouvoir d’achat en baisse de 20% pour les catégories populaires, alors que les profits ont flambé, des droits sociaux réduits en peau de chagrin et des services publics en voie de privatisation.

Cette société-là, qui en enrichit quelques-uns sur le dos de la plus grande masse, n’est ni une fatalité ni un problème de gestion : c’est le vrai visage du capitalisme, ce régime qui permet à ceux qui possèdent les moyens de production, de détenir aussi tous les leviers du pouvoir, en particulier les appareils d’Etat et les medias. Cette poignée de possédants sait bien qu’elle ne ferait pas le poids, face à un soulèvement populaire, alors elle cherche par tous les moyens à dissimuler la dictature qu’elle exerce, en semant l’illusion de la démocratie. Mais c’est une démocratie tronquée !

Présidentialisme et alternance : outils du capital

Le régime présidentiel, par son caractère d’autoritarisme, a instauré une véritable « monarchie républicaine ». Issu soi-disant de « la volonté populaire » (avec 40% des ouvriers privés du droit de vote, parce qu’immigrés…), un seul homme détient des pouvoirs démesurés (dont celui de décréter des mesures d’exception en cas de « troubles publics »), rendant superfétatoire le travail parlementaire.

Avec le matraquage médiatique sur les « grands candidats », savamment fabriqués par les sondages, avec le chantage au « vote utile », quel choix nous laisse-t-on de dire non à cette société ?

Le seul choix que nous laisse le pouvoir capitaliste, c’est celui de l’alternance entre droite libérale et PS social-libéral. Cette alternance, nous l’avons vue à l’œuvre depuis 10 ans, avec, sous Jospin, comme sous Raffarin et Villepin, les mêmes recettes dictées par les conseils d’administration des entreprises du CAC 40 : des aides publiques énormes offertes au patronat, des privatisations incessantes, et des restrictions budgétaires pour boucher un peu les trous d’une dette publique creusée par le capitalisme lui-même !

Ces deux pôles de l’alternance, nous leur avons dit majoritairement NON, lors du référendum sur le traité constitutionnel européen. Et pourtant, à travers les candidatures de Sarkozy et de Royal, c’est encore ce « bipolarisme incontournable » qu’on nous ressert , en y ajoutant une bonne dose de sauce « people » sur les deux personnalités, pour mieux faire avaler celle de leurs programmes libéraux.

Sarkozy / Royal : même combat pour le capital

Leur objectif est le même, reprenant le même refrain : pour baisser la dette, aidons le patronat ! Pour Sarkozy, cela signifie absence de charges patronales sur les heures supplémentaires ; pour Royal, aide aux entreprises (en fait aux patrons) de 65 milliards plus 23 milliards d’exonérations diverses.

Si Sarkozy se présente clairement comme le champion du libéralisme (« Travailler plus pour gagner plus ! »), mâtiné de lepenisme (limitation du droit de grève, « ministère de l’immigration »…), Royal incarne pour sa part un social-libéralisme qui ne constitue en rien une parade à la politique de Sarkozy, en semant des illusions (un SMIC augmenté sur 5 ans, mais sans supplément par rapport à ce qui se fait déjà ; une décentralisation qui multipliera les inégalités territoriales, un « ordre juste » qui fera régler les problèmes de la jeunesse par l’armée…)

Sur le plan international, c’est la même agressivité qui est préconisée, celle de l’impérialisme français contre des peuples revendiquant leur pleine indépendance (propos va t’en guerre contre l’Iran, par exemple).

Bayrou / Le Pen : la botte secrète du capital

Pour contrer une éventuelle défiance du peuple à l’égard de ce tandem Sarkozy-Royal, le pouvoir capitaliste recherche de nouvelles formes de duperies. C’est le sens de la promotion médiatique réservée aux candidatures Bayrou et Le Pen, qui se présentent comme « différents » des deux autres. Un mensonge qui ne résiste guère au rappel de leurs parcours politiques et à la lecture de leurs programmes.

La politique de Bayrou est jumelle de ses deux rivaux de l’UMP et du PS : exonérations de charges patronales pendant 5 ans, pas d’augmentation du SMIC, plus d’heures supplémentaires…Bayrou, ancien ministre de droite (ardent défenseur de l’école privée en 1993) est toujours de droite…

Le Pen reprend tous les points du programme du MEDEF, et y ajoute son fonds de commerce, l’immigré désigné comme bouc-émissaire, pour répondre d’abord aux demandes du patronat : diviser les travailleurs, leur faire oublier qui sont leurs exploiteurs, et empêcher l’unité ouvrière autour des légitimes revendications de tous. Quand un travailleur vote Le Pen, il se tire une balle dans le pied !

Aucune voix ne doit se porter sur les candidats du capital, qui tous exécuteront les ordres des monopoles !

Buffet, Laguiller, Besancenot, Bové, Schivardi : une division bienvenue pour le capital

Face aux 4 candidats avérés du capital, une occasion inédite se présentait aux forces progressistes qui, parallèlement à leur NON au référendum européen, avaient adopté une « charte anti-libérale » : l’occasion d’une candidature unique, dynamisante pour les luttes et porteuse d’espoir dans la construction d’une alternative au néo-libéralisme.

L’URCF aurait soutenu cette candidature unique, comme une arme efficace de lutte contre le capitalisme.

Mais, occasion manquée, puisque la logique des appareils de parti l’a emporté sur la dynamique unitaire portée par la base.

Du coup, ils peuvent s’opposer verbalement au PS, ils peuvent reprendre des aspects importants de la « charte anti-libérale », mais pour quelle efficacité avec autant de candidatures ? Chacun porte la responsabilité d’alimenter le vote utile pour Royal.

La seule alternative efficace : le front populaire anti-capitaliste

Refusant de choisir, parmi les diviseurs, un vote inutile, car impuissant, l’URCF appelle
- à un boycott militant de ces élections, sous les formes choisies par chacun (abstention révolutionnaire, bulletin alternatif, par exemple)
- à l’engagement des forces progressistes dans tous les espaces de lutte anti-libérale et de démocratie directe (comités, collectifs…), pour la défense des revendications sociales de progrès, la conquête de droits démocratiques nouveaux, et la solidarité entre les peuples.

Pour nous, communistes révolutionnaires, cet engagement ne trouvera sa vraie finalité que dans une société délivrée de l’exploitation capitaliste : sans renversement du capitalisme, sans construction du socialisme, il n’y aura pas de progrès social durable, ni de vraie démocratie !

Urcf AVRIL 2007

 
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