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A l’occasion de la Journée Internationale des Droits de l’Homme, nous publions ici le déclaration de la Coordination Nationale des Sans-papiers de France.
Après les incendies criminels à Paris, après (pendant) les rafles de sans papiers y compris des bébés et enfants dans les écoles, voilà l’état d’urgence et la criminalisation des étrangers “ boucs émissaires ” de l’explosion de colère des jeunes des quartiers populaires. Bien loin, l’émotion suscitée par les morts sur les barbelés de Melilla : “ çà ne s’est quand même pas passé chez nous! ”. Il s’est pourtant “ passé chez nous ” les événements d’un certain 21 avril 2002, et un formidable élan populaire a dû barrer la route à M. Le Pen, pour élire M. Chirac par défaut. Nous avions alors tous, français et immigrés, dit : “ Plus jamais çà! ” Mais on se dirige à nouveau vers “ çà ”.
Sarkozy et le gouvernement mettent en appli cation une technique barbare qui relève de la “ loi de la jungle ” dénoncée il y a bien longtemps par le poète Jean de la Fontaine : “ si ce n’est toi, c’est donc ton frère ”. Les théories de “choc des civilisations” de Huntington, ce Gobineau des temps modernes made in USA, ne sont jamais très loin dans les pratiques politiques de l’actuel gouvernement sous la houlette de M. SARKOZY pourtant fils d’immigré. Les explications racistes, xénophobes sur les causes de l’explosion de colère des jeunes des quartiers populaires sont allègrement propagées dans les médias. Et il ne manque pas de gens bien-pensants pour conforter cette ignoble propagande avec des arguties pseudo scientifiques. Après le ministre LARCHER et le député ACCOYER, c’est Mme Hélène CARRERE-DANCAUSSE, académicienne, secrétaire perpétuelle de l’Académie Française (rien que çà!) d’expliquer à la télévision russe NTV, à propos des jeunes des banlieues : “beaucoup de ces Africains, j e vous le dis, sont polygames. Dans un appartement, il y a 3 ou 4 femmes et 25 enfants. Ils sont tellement bondés que ce ne sont plus des appartements, mais Dieu sait quoi ! " Le philosophe Alain Finkielkraut lui emboîte le pas, dans une interview au quotidien israélien Haaretz du 18 novembre : “On voudrait réduire les émeutes des banlieues à leur dimension sociale, y voir une révolte de jeunes contre la discrimination et le chômage. (…). Il est clair que nous avons affaire à une révolte à caractère ethnico-religieux (...) On nous dit que l'équipe de France est admirée parce qu'elle est black-blanc-beur. (...) En fait, aujourd'hui, elle est black-black-black, ce qui fait ricaner toute l'Europe. ”
Sur plus de 3000 adolescents arrêtés, il y aurait “120 immigrés”. Ce qui n’empêche pas le dangereux SARKOZY d'annoncer démagogiquement la nouvelle des expulsions de “ casseurs ”, “ même s’ils sont en situation régulière ”. Cela bien sûr propage dans l’opinion l’idée fausse que “ ce sont les étrangers, dont les sans papiers, qui cassent tout ”. Ainsi on jette en pâture à la vindicte populaire, en instrumentalisant les peurs, les “ noirs, les basanés, les beurs, les musulmans ”. Avec cette annonce, SARKOZY montre en tout cas qu’il n’a en réalité jamais aboli la “ double peine ”.Ce qui n’est pas en soi une surprise : M. SARKOZY est un habitué du flou qui permet de contredire le lendemain ce qu’on a dit la veille. La circulaire du 31 octobre 2005 se révèle une pale copie des précédentes. La plus importante concession dans cette circulaire, arrachée grâce à la mobilisation des parents et des enseignants, consiste à recommander aux préfets de ne pas expulser des parents d’enfants scolarisés… “ pendant l’année scolaire ”. Et ces mêmes parents ne sont pas autorisés à travailler !
La technique de l’amalgame facile fait flamber les “ sondages pro-SARKOZY ”. La "surenchère guerrière du gouvernement" (Syndicat de la Magistrature), va au point d’utiliser un décret de 1955 dans le cadre de la guerre d’Algérie, décret qui a été utilisé le 17 octobre 1961 par le Préfet PAPON pour massacrer des centaines d’algériens à Paris. L’inacceptable est dans le symbole. PAPON a été un collaborateur de l’occupant Nazi.
Les rafles de l'ét' sur réquisitions fourre-tout du parquet ont eu comme "seul résultat connu (...) le placement en rétention en vue de leur expulsion de plusieurs dizaines d'étrangers sans-papiers"(GISTI).L'instauration de l'état d'urgence est en passe de donner le même résultat : les centres de rétention sont pleins de sans papiers "victimes" de l'état d'urgence. Vingt-six d'entre eux, indignés d'être "traités comme de vulgaires bandits", ont entamé le 23 novembre une grève de la faim au centre de rétention de Vincennes pour exiger leur libération.
Tous ensemble, manifestons pour dire:
- Non à la loi d’exception, au couvre-feu
- Non à la double peine
- Non aux rafles
- Non à la criminalisation des étrangers
-Non aux incendies criminelles
-Non aux morts de l’Europe barbelée
- Régularisation de tous les Sans Papiers avec la carte de 10 ans
- Libération et régularisation des Sans Papiers en prison pour défaut de papier
- Fermeture des centres de rétention
- Abrogation des lois Pasqua/Debré/Chevènement/Sarkozy/de Villepin
- Respect du droit d’asile ratifié par la France et abrogation de la double peine
- Définition d’une politique progressiste de l’immigration, contre l’Europe forteresse, liberté de circulation et d’installation.
SANS PAPIERS en lutte>>>coordination nationale
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