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Le journal Pencoo
 
EMEUTES EN France: Les banlieues en feu!

C’est un jour d’automne, le 27 Octobre, après l’annonce du décès des deux adolescents que tout s’est déclenché. La tension était déjà palpable depuis les déclarations choquantes de Nicolas Sarkozy, une semaine plus tôt.

“ On va nettoyer tout ça au karcher ”, en parlant de jeunes d’Aulnay-sous-Bois qui lui lançaient des projectiles. Et ensuite, la phrase-choc : “ je vais vous débarrasser de cette racaille ” .

Les deux jeunes apparemment poursuivis, se sont introduits dans un transformateur électrique et ont été électrocutés.

Cet événement a mis le feu aux poudres et les émeutes ont commencé juste après. Ce fut une succession d’incendies de voitures d’affrontements avec les forces de l’ordre et même avec les pompiers.

Ça s’est déclenché à Clichy-sous-Bois, lieu du drame, avant de s’étendre à toutes les banlieues proches puis lointaines.

L’une des causes du mécontentement des jeunes, a été selon la presse, l’abandon des politiques sociales. Dans les banlieues, le taux de chômage est deux fois plus élevé qu’en centre ville. Cette pauvreté criarde et ce sentiment d’abandon ajouté aux fouilles quotidiennes et à la discrimination ont suffi pour les faire craquer.

La suppression de la police de proximité, qui créait un certain dialogue, a élargi le fossé qui séparait la police et les jeunes. Désormais le relais est pris par la brigade anti-criminalité, instaurée par Sarkozy.

Donc le problème n’est pas une paranoïa de la part de ces banlieusards, comme veulent le faire croire certains politiques, il s’agit d’une vraie crise.

Pour preuve, dans le budget prévu à l’aide pour l’insertion des jeunes et d’accès aux logements sociaux, 310 Millions d’Euros ont été supprimés. Certains travailleurs sociaux diront que cette politique d’exclusion des banlieues, aggravée avec l’arrivée de la droite, est amorcée depuis 20ans. Les réactions du gouvernement ont été immédiates même si Chirac, de son côté, a mis une semaine avant de faire une déclaration.

Un couvre feu a été adopté dans 5 communes à travers la France. Sarkozy après avoir lutté contre la double peine, la rétablit et déclare qu’il va expulser tout étranger, en situation régulière ou pas, arrêté au cours des émeutes. Déjà 9500 hommes ont été mobilisés durant les deux semaines pendant lesquelles ont duré les émeutes.

Villepin propose de débloquer 100 Millions pour les associations en 2006. Il propose aussi d’aller vers un rétablissement de la police de proximité, de créer 20000 contrats d’accompagnement pour l’emploi et 5000 postes d’assistants pédagogiques attribués aux 12 collèges en ZEP. Une cellule de délégués œuvrant pour l’égalité des chances.

C’est là, à tout le moins, un aveu de l’échec de la politique dite d’intégration de la droite, dans les faits de discrimination.

Le bilan total des émeutes est ahurissant, au 13 Novembre, 8498 véhicules brûlés, 2569 personnes interpellées, 51 policiers blessés, 2 morts. L’ardoise s’élève à 55 Millions d’Euros.

Durant les débats et les différents reportages sur le sujet, il est ressorti que les gens ne considéraient pas les casseurs comme des Français, mais comme des immigrés. Ce n’est évidemment pas le cas, puisque maintes fois ces jeunes ont exprimé leur incompréhension du rejet de cette société alors qu’ils sont nés français et ne connaissent que la France. La plupart sont issus de la 3ème génération d’immigrés, et brandissaient même leur carte d’identité en guise de preuve.

Il y a eu beaucoup d’amalgames entre extrémisme et jeunes des banlieues, entre les immigrés et ceux qui brûlaient, confortant la population française dans sa xénophobie.

Cette interprétation des faits ne fait qu’encourager et légitimer les nouvelles politiques d’immigration-zéro mises en place par ce gouvernement. Le leitmotiv de Sarkozy “ une politique d’immigration choisie et non subie ” n’est que la prémisse d’une volonté politique impérialiste bien claire. Laissez-vous pomper vos richesses, laissez-vous dominer, mais restez chez vous. Le tableau des révoltes dans les banlieues dévoile une France mal dans sa peau, car n’osant pas affronter les réalités que l’exclusion volontaire d’une partie de sa population a créées.

Marième Samb

 
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